Oeuvres disponibles, en préparation, projets, sources ...
DEUXIÈME SALLE
facture d'installation du poele
extrait de la lettre parlant du poele
vue intérieure du Noroît
Le Noroît. 21/10/1939
Nous avons eu de grandes difficultés pour trouver où gîter....
Nous avons fini par louer 2 pièces et une cuisine donnant sur la mer, auprès du Casino, à gauche, face au petit port.
Nous n'aurons du feu que lorsque nous aurons fourni un poêle, que nous aurons fait installer à nos frais ...
Nous gelons, littéralement; le vent passe à travers les fentes des volets et des fenêtres et nous contemplons,
enveloppées de robes de chambre, bas de laine aux pieds, manteaux de fourrure sur les jambes, la valse de l'abat-jour de soie qui voile la lampe centrale.
Avantage, les actes les plus ordinaires, cirer des chaussures,laver la vaisselle,
ont comme fond musical le bruit du vent et de la mer. Tout prend de la grandeur.
La mer, le ciel, leurs changements s'encadrent dans nos fenêtres.
C'est vraiment très beau, mais pas du tout reposant.
suggestion, brouillon virtuel
bague portée par M. durant l'occupation
- gouache réalisée par Célia Cazzulino
- photo
coffret.
Amérique, projets.

Objets du temps
photographie de Madeleine disponible pour composition/installation
photographie de Madeleine disponible pour composition/installation
Madeleine à la fenêtre (II)
composition photographique
composition photographique
composition photographique
gravure d'après un photomaton
tablette graphique
huile sur toile d'après une photo ( ~ 1990 )
vitrail en retro éclairage
2/12/1939
La tempête vit en Etretat à l'état constant; les rafales de vent, le choc des vagues sur le galet secouent
la maison jusqu'en ses fondements. Les vitres tremblent, les volets grincent en résistant. Si je ne tire rien d'une pareille année,c'est que je suis une parfaite idiote...
6/12/1939
La tempête continue à orchestrer mes nuits et mes jours.
De mon lit, je voyais tantôt un grand pan de ciel brun et un peu de vert dur, la mer. Je suis furieuse d'être attachée ici...
vitrail (sur bow-window)
4 maquettes de vitrail disponibles
(dérivées de la correspondance de M. à Etretat)
2/12/1939
La tempête vit en Etretat à l'état constant; les rafales de vent, le choc des vagues sur le galet secouent
la maison jusqu'en ses fondements. Les vitres tremblent, les volets grincent en résistant. Si je ne tire rien d'une pareille année,c'est que je suis une parfaite idiote...
6/12/1939
La tempête continue à orchestrer mes nuits et mes jours.
De mon lit, je voyais tantôt un grand pan de ciel brun et un peu de vert dur, la mer. Je suis furieuse d'être attachée ici...
18/12/1939
Le temps s'est mis au froid, les falaises et les maisons ont perdu toute consistance.
On a l'impression qu'avec un doigt on pourrait les délayer dans la brume. Le ciel et la mer sont fondus dans un gris glacé.
4/05/1940
Aujourd'hui, après 3h 1/2, départ en voiture pour Epivent où nous attendait une vieille petite ferme délabrée, à 5kms dans les terres...
Enclos plein des pommiers en fleurs, du rose le plus vivant, tordus et noueux comme des mains de paysan, une petite maison basse,
couverte moitié chaume, moitié ardoise, une belle grange avec un toit de chaume et une odeur de grain, une petite laiterie près de
la fosse à purin, une écurie en ruines. Là-dessus une lumière tamisée par la brume, et près de la barrière, de grandes pièces de terre,
nues et belles comme celles de la Brie, avec de lourds chevaux qui labouraient.
Le Noroît. 21/04/40
Chaque soir ,un pêcheur de mes voisins, vieux et sale, apporte son petit fils près des barques et lui montre le coucher du soleil. Le printemps et le temps clair rendent la mer poissonneuse. Avant-hier, une barque ramenait une centaine de raies bouclées et gluantes, trois gros turbots, des soles qui se cambraient sur le galet, des tourteaux baveux et cinq grands homards bleus.Cela faisait rêver, sur nos galets froids, à des soupes de poissons méridionales, à du homard bien épicé, aux roches brûlantes de soleil de la côte roussillanaise.
Pas de bruit,sauf celui de la mer. La criée au poisson se fait toujours par clignements d'yeux, tu sais.
Je te souhaite quelques balades dominicales comme celle que je viens de faire vers Bénouville ... : pleine de vent, de soleil et de joie physique, avec le secret dégoût de ne pouvoir mieux meubler une si éclatante journée...
26/04/40
Je continue à vivre mes soirées, baignée dans l'admirable lumière que tu connais.Chaque soir, j'attends sept et huit heures avec autant d'impatience que j'ai pu attendre Pierre. Dès cinq heures je ne fais plus rien de bon, j'épie le ciel, la mer, je cherche à deviner le spectacle futur, toujours imprévisible. Devant la mer qui se glace de gris, de bleu, de vert, de rouge, de violet, je danse ma joie.Surtout les ciels qui s'éclaboussent de rouge sanglant, de vert cru ou d'or en fusion, avec des nuages si lourds qu'ils s'écrasent sur la falaise, violents et mouvants, me réservent chaque soir une joie égale et neuve. Quand la nuit est tout à fait tombée, je commence à travailler. Il le faut....
vitrail (sur bow-window)
Amiens, le 4 novembre 1942
Arrivée sinistre dans la ville sous une pluie battante. Heureusement que je me repère à peu près. Je suis rentrée trempée ( ma jaquette est à peine sèche ), après avoir buté contre des trottoirs et des seaux à ordures. J'ai oublié ma côtelette, hélas, mais j'ai profité jusqu'à midi compris du morceau d'épaule de mouton. Toujours rien pour ma carte de charbon. Je m'en vais à la recherche d'un poêle à bois, et des denrées rationnées de novembre. Puis je remonterai en vitesse dîner et me coucher, car mon lit est le seul endroit où il fasse un peu chaud.
Le 12 novembre
Nous sommes chauffés au lycée depuis mardi, c'est un peu plus vivable mais rien à faire pour lutter efficacement contre les courants d'air. La question chauffage va s'améliorer pour moi. Je fais scier mon bois aujourd'hui, et je vais au moins pouvoir me chauffer dans ma cheminée. Par ailleurs, après vive réclamation à la mairie, j'ai touché un bon de 40kgs de charbon : je les attends comme le Messie, pour le poêle à bois. Je suis aussi à la recherche des bons matières, sans grand espoir dans Amiens.
Le 16 novembre
Je trouve ton mot en remontant de la ville un poêle dans une remorque prêtée par le père d'une élève. Je l'ai eu sans bons matières et je n'étais pas peu fière de me balader à travers Amiens en tirant ferme sur la remorque. Enfin, je vais avoir chaud. Je saute tout à l'heure chez le fumiste et j'essaie de le persuader de me monter le poêle demain. Avoir chaud, et au plus vite.